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Le Président des riches Macron poursuit la destruction de l'hôpital public commenceé par ses prédécesseurs  Hollande et Sarkozy !

Dans les hôpitaux, "ça va saigner socialement et syndicalement"... Le syndicat FO, majoritaire à l'AP-HM, a aussitôt réagi aux informations publiées hier dans nos colonnes, révélant que 800 à 1 000 suppressions de postes, dont 300 à 400 de soignants, sont envisagées par la direction du CHU (lire notre édition d'hier). Faisant part de sa "consternation", FO - AP-HM a déposé hier un préavis de grève à compter du 19 décembre, avec une mobilisation de l'ensemble du personnel le 21 décembre à la direction générale de la rue Brochier.

Hier, dans nos colonnes, le Pr Dominique Rossi, président de la commission médicale de l'AP-HM, s'inquiétait lui aussi des exigences de l'État, récemment revues à la hausse, dans le "deal" qui est en train de se négocier au plus haut niveau. L'enjeu est le suivant : pour "décrocher" les 250 à 300 millions d'euros d'aides publiques directes ou indirectes indispensables à sa modernisation, le CHU de Marseille doit s'engager à réaliser, rapidement, des gains de productivité dont découlent des suppressions de postes. Des unités plus grandes (on passerait par exemple de 10 à 25 lits) et le développement de l'ambulatoire pourraient permettre, à terme, de gagner des effectifs.

Mais les syndicats de personnels, comme la communauté médicale, refusent de mettre la charrue avant les boeufs : "on ne peut pas commencer la discussion en nous étranglant", résume le Pr Rossi. Car en matière d'effectifs, le CHU est actuellement au bord de l'asphyxie. Depuis plusieurs mois, La Provence se fait l'écho des difficultés extrêmes des conditions de travail dans les services, où le personnel, pas assez nombreux, s'épuise et se décourage. Résultat : le taux d'absentéisme de l'AP-HM est le plus élevé de tous les CHU : 1 200 agents (sur 13 000) manquent chaque jour au chevet des malades.

Des simulations en cours dans les services

Et cette pénurie de personnel gagne tous les services : "Certains jours, en réanimation, on ne fonctionne plus avec le personnel pourtant imposé par les normes. Où peut-on encore supprimer des postes quand les services sont déjà à l'os ? ", explose Audrey Jolibois, secrétaire générale FO - AP-HM.

Le calcul est en cours de réalisation à la direction générale du CHU. Son outil de travail ? Les tableaux organisationnels de l'Agence nationale d'appui à la performance (Anap), organisme chargé d'accompagner les établissements de santé et médico-sociaux dans leur gestion. "Des simulations sont en cours, dans chaque unité, pour élaborer un calibrage viable des effectifs", indique Sylvia Breton, directrice générale adjointe de l'AP-HM qui se refuse pour l'heure à communiquer des chiffres précis. "La qualité et la sécurité des soins seront maintenues", martèle de son côté l'Agence régionale de santé (ARS).

Combien de malades un médecin, un infirmier, un aide-soignant est-il en capacité de prendre en charge efficacement ? Là est toute la question. Sachant que d'un service à l'autre, d'un patient à un autre, le temps médical peut varier considérablement. "Un infirmier qui passe une heure au chevet d'une patiente de 30 ans qui vient d'apprendre qu'elle est condamnée, ça ne peut pas se quantifier financièrement", résume un chef de service.

Dans ce contexte, une nouvelle suppression massive de postes entraînerait un "séisme" pour Force ouvrière, qui lance un "appel à la mobilisation de la population marseillaise, qui va être la première impactée par la suppression de lits, la diminution des personnels et la baisse de la qualité des soins".

Le syndicat, qui estime que "la fuite de nos médecins met la santé de la population marseillaise en danger" réclame "le soutien actif" des élus locaux, et demande à être reçu par le ministère de la Santé.